mardi 19 mai 2015

Le grenier de Louka - une exposition d'Anne ASTIER & Louka LE BERRIGAUD - fusion et intrication quantique

Lorsque mon fils avait 3 ou 5 ans, j’étais surprise que d’autres mamans me disent que j’étais dans la fusion avec lui, je sentais bien que ce mot avait quelque chose de péjoratif pour elles. Pour moi, établir une proximité avec son enfant me semblait tout à fait normal, et je ne comprenais pas leur propos. Ce maître mot, couper le cordon, résonnait bizarre. Quel besoin de poser des actes artificiels, socialement construits, dans une relation qui peut être toute simple, celle de juste aimer, accueillir, accompagner au mieux son enfant, ou plutôt, l’enfant qui vous a choisi comme guide des premiers pas qu’il fera en ce monde. Cet état d’être maman me semblait bien plus un contrat d’âme à âme, et me rendre disponible à cet accueil me semblait la moindre des choses. Nul besoin de me dire « il est l’heure de lui apprendre la coupure ». L’élan de vie est un élan d’union et non de coupure. D’ailleurs, communiquer veut bien dire : comme si nous étions unique. Communiquer avec l’autre est un acte vrai, profond, il émane de l’intérieur de l’être. Mais certaines personnes éprouvent le besoin de séparer, de se séparer, de mettre des cloisons entre les êtres, entre les idées, entre les rôles. Cela ressemble à cette fonction informatique lorsque vous créez un tableau : créer une colonne, ou bien plutôt : fusionner les cellules. He bien il m'arrive de fusionner les cellules là où d’autres créent des colonnes. Vie privée/vie publique ; parent/enfant. Le souffle de vie et le souffle d’amour sont des créateurs de lien, non pas de coupure. Je n’ai jamais adhéré à cette idée que je devais me couper en deux pour participer à la vie sociale, je n’adhère pas non plus à l’idée que je doive me couper de mon enfant pour qu’il participe à la vie sociale. Alors lorsque j’étais jeune on me disait : toi tu es entière (= ce n’est pas comme cela qu’on doit être) et plus tard : tu es dans la fusion (= ce n’est pas comme cela qu’on doit faire). Mais lorsque je vais en moi-même, lorsque je suis à l’endroit de mon être vrai, je me sens dans l’entièreté parce que je me sens dans la fusion. Tout est intriqué, lié par un pouvoir extraordinaire, et si les choses de la vie n’étaient pas à ce point dans la fusion, le monde se disloquerait. Est-ce une vision propre à certains autistes, cette vision en fusion de la réalité ? Certains en jouent à un haut niveau, sont à ce point en fusion avec la réalité que la solution aux opérations mathématiques les plus complexes leur apparaît, au milieu du reste.
Les enfants autistes obligent leurs parents à réinventer la relation, obligent leurs parents à être attentifs, à ne pas jouer ce jeu de la coupure, un enfant autiste a besoin de se sentir en lien avec ses parents, et lorsque ces parents sont eux-mêmes autistes, cela donne des relations singulières, une grande compréhension et une grande complicité (voir Lucila Guerrero et son fils Luka)
D'autres fois je croise des mamans qui sont spontanément dans cet élan de vie qui les unit à leur enfant dans un lien singulier, unique, véridique, profond.
Je revendique cette intrication quantique qui m’a rendue mère de Louka, nous sommes inexorablement intriqués et je voulais clairement que cela se ressente, dans l’exposition que j’ai choisie (après de très nombreuses hésitations et visions de faire autrement) de réaliser avec lui, pour lui, sur lui, sur nous, sur moi
Prochaines dates : présentation du travail de Louka (mondes 3D, jeux vidéos, BD, cosplay) le 22 Mai
lecture du livre Femme d'accueil, l'accueil des nouveaux enfants par Anne Astier le 29 Mai en fin d'après midi et soirée
voir l'article 
vue de l'exposition Le grenier de Louka, du 2 Mai au 2 juin 2015 à l'Antre de Monde, 13006 Marseille
Anne ASTIER et Louka LE BERRIGAUD dans l'exposition
Photographie Frédéric LE BERRIGAUD, 2014
Philippe : "cette photo, c'est presque un manifeste à elle toute seule ..."

mercredi 13 mai 2015

La communication autistique - L'ascension

Jeudi 14 Mai 2015. Aujourd’hui est un jour d’ascension.
J’ai retrouvé il y a peu, pour les besoins d’une exposition, un collage datant de 1986 nommé « L’ascension ».

L'ascension, collage, 1988
Il y était question d’ouvrir des territoires élevés, spirituels, mais je n’avais pas encore cheminé jusqu’à ces territoires ascensionnés qui nous sont ouverts lorsque nous récupérons toute notre partie quantique, la partie de nous qui existe à l’état vibratoire de tous les possibles, du déjà vécu comme de l’à vivre. La partie de nous qui est hors temps, mais qui peut aussi bien réveiller des souvenirs d’une autre fréquence spatio-temporelle, comme les souvenirs d’une vie passée, dans le corps et le destin d’un être que nous aurions été, pour les besoins d’apprentissage d’autres leçons de vie, ou pour l’acquisition d’autres qualités humaines.
Naviguer dans l’espace temps ne nécessite aucun appareillage autre que le corps lui-même, et nos cellules, dans leur attribut quantique, comme un voyage au cœur de l’ADN qui a gardé trace de tout cela, et le fait revivre à volonté, car la mémoire énergétique demeure vibrante et vibre encore, sur demande. Alors il nous est donné de comprendre que nous sommes encore ces autres, non pas au passé, mais au présent. Des présents qui s’empilent en nous, un palimpseste de vies qui toutes vibrent au présent, enchevêtrées, inter-actives les unes aux autres, dans l’instant du présent lorsqu’il est l’instant de la conscience.
J’ai revécu ces vies-là, parfois, par bribes, par effluves d’ARN - l’information messagère qui voyage alors jusqu’à notre entendement.
Je reviens toujours de ces voyages, agrandie, plénifiée. Mieux comprenante de moi-même et de mon rôle dans le monde, dans mon époque, dans mes époques.
Revenir de cette nature multidimensionnelle n’est pas chose aisée. Je voudrais parfois m’installer dans ces territoires le plus longtemps possible, goûter à cette entièreté qui est la mienne et après laquelle je cours incessamment, consciente de ne voir, de ne savoir, qu’une infime parcelle de mon Etre, ou plus exactement, de l’Etre dont j’ai la garde, ou plus exactement, de l’Etre qui a la garde de la petite parcelle que j’ai l’air d’être.
Un jour, au plus fort d’une remontée de vécu plus douloureux encore que d’autres fragments, j’ai perçu à quel point cela devient impossible, dans cet état vibratoire puissant, d’échanger, de nommer au moyen de la parole. Mon état vibratoire s’était rendu supérieur à celui de la fréquence d’utilisation de la parole, et celle-ci m’était alors apparue comme totalement inopérante. J’ai dû attendre que la force de la fréquence s’émousse un peu, avant de nommer cela dans le cabinet de consultation du psychanalyste que je voyais alors : « j’ai ressenti ce que pouvait être l’autisme, l’incapacité à pouvoir user de la parole parce que l’état vibratoire intérieur est trop élevé ».
Je croyais, à l’époque, qu’il n’existait qu’une seule forme d’autisme, et que cette forme-là ne me concernait bien évidemment pas.
Je sais maintenant qu’il existe une autre forme d’autisme et qu’elle me concerne.
Je sais maintenant combien il est en permanence périlleux de devoir adapter sa conscience multidimensionnelle à la tridimensionnalité de la société telle qu’elle a été établie, et telle que certains voudraient en garder intact le moule préétabli pour que l’on ne s’en échappe pas. Mais de plus en plus gens s’en échappent. De plus en plus de personnes sont diagnostiquées avec autisme, comme si ces personnes étaient malades, génétiquement malformées, alors qu’il s’agit juste d’une avance, il s’agit juste d’avoir une certaine avance dans la captation d’une façon d’être au monde qui pourrait être autre. Mais ce monde-là n’est pas. N’est pas encore. Les autistes vivent dans un monde qui n’est pas encore advenu. Voilà leur souffrance. Et pourtant ils le captent, et je leur fais confiance que dans leur nombre, dans la croissance de leur nombre, ils sont en chemin de matérialiser ce monde, de le rendre advenant, émergeant. La société tridimensionnelle, la « réalité » comme ils l’appellent, est en fait une cage, une matrice totalement artificielle. Etre autiste prédispose pour échapper à cette cage, pour être rebelle, récalcitrant, à cette cage matricielle. Essayer malgré tout de s’y adapter est un effort terrible, éprouvant, épuisant. Toute une vie l’on pourrait tenter en vain de s’y adapter, au prix de grandes souffrances et d’un grand épuisement. C’est alors que le diagnostic libère. Tout à coup quelqu’un vous explique que vous n’êtes plus le vilain petit canard que vous croyez être. Tout à coup vous est révélée votre nature de cygne. Je me suis longtemps demandé pourquoi ce conte avait une résonnance si forte en moi-même.
Mais tout à coup autre chose m’est alors « demandé ». Etre écrivain et artiste ne suffit plus. Il me faut libérer une parole de cygne. Jusque là je cachais mes mots, je cachais mon travail. J’avais peur de ne pas être comprise dans un monde de canards. J’avais honte de ne pas avoir une parole de canard, honte de ne pas savoir poser des actes de canard. Mais il existe un peuple de cygnes qui sont en train de révéler, de mettre à jour, un autre monde.

Adonaï, livre (extraits), 2000

mardi 12 mai 2015

Le grenier de Louka : exposition alternative pour parents et enfants du 2 mai au 2 juin 2015

Le grenier de Louka, une exposition alternative du 2 mai au 2 juin à l'Antre de Monde, 13006 Marseille
préparée par Louka Le Berrigaud, sa maman Anne Astier et son papa Frédéric
2 mai à partir de 18h30 : vernissage
19 mai à partir de 18h30 : projection de courts et moyen métrage
22 mai à partir de 16h et + : présentation de Louka (BD, mondes 3D, collection) avec cosplay (déguisements)
29 mai à partir de 16h et +  : lecture par Anne Astier de "Femme d'accueil - l'accueil des nouveaux enfants"
30 mai à partir de 18h30 : concert de Balmer
2 juin à partir de 18h30 : apéritif de clôture

Chaque maman porte en elle une forêt enchantée
Chaque maman a eu une vie avant d’être maman
Chaque maman a été transformée par l’expérience d’être maman


C’est un dessin de mon fils que j’ai repris
je voulais parler de cela, de comment on peut se laisser transformer en devenant parent,
mon travail ancien, mon travail actuel, le partage de la poésie avec un enfant qui grandit,
et se met à créer à son tour, à entamer lui aussi son propre partage avec le monde






















exposition collective à l'Antre de Monde






De mi novembre à fin décembre 2014 avait eu lieu à la galerie associative l'Antre de Monde une exposition collective de tous les artistes qui avaient exposé depuis l'ouverture (septembre 2013) ainsi que tous ceux qui allaient exposer. Louka Le Berrigaud, 10 ans, exposait avec sa maman Anne Astier.

lundi 11 mai 2015

Les nouvelles réalités autistiques

Comment se fait-il qu’autant de personnes souffrent de ne pas s’intégrer dans la matrice de réalité qui leur est proposée ?
Comment se fait-il qu’autant d’enfants actuels soient diagnostiqués autistes et réinventent les codes de leur propre réalité ?
Ceux qui écoutent leur cœur suivent une autre route que celle dictée par la norme sociale.
Ceux-là vivent dans le conflit permanent de la voie de leur cœur et de la voie dictée, qui devient voie de dictature.
Puisque l’autisme est validé comme une construction neuronale différente (certains diront déficiente) de nature éventuellement génétique, ces êtres-là sont ils venus à ce point avec un corps différent afin de vivre une expérience différente depuis une matrice de réalité différente ?
Qu’en serait-il donc si la matrice de réalité usuelle (qui fait norme) était créée par cette minorité (grandissante) que sont les personnes « souffrant » de troubles du spectre autistique ?
A quoi ressemblerait la texture même du réel (dite « matière »), ou encore l’organisation sociale en tant que lieu des échanges typiques ?
La matrice de réalité telle qu’elle s’est développée depuis des temps très anciens est en train d’arriver à son terme. Il semble qu’une nouvelle matrice de réalité soit en train de lui être lentement substituée, et qui pourrait être le fruit du travail conjoint de tous ceux qui sont restés en dehors, exclus de cette ancienne matrice, et de ceux qui malgré tout auront trouvé comment avoir une double nationalité et naviguer entre les deux. 
[Novembre 2014]








Quelques dessins pour traduire les échanges et transits entre la matrice intérieure et la matrice extérieure, et ses différentes modèles, selon un mode autistique et selon un mode non autistique 
[dessins Anne Astier, novembre 2013]

samedi 24 mai 2014

Agent 006 - enfant autiste asperger

Agent 006 est en recherche active, presque tout le temps. En recherche de ce qui va construire son univers intérieur
Jeux vidéos et consoles, anciennes et récentes
Collection d'objets liés à divers univers transmédias, cinéma, jeux vidéo,
bande dessinée,
émissions de TV - années 60 à 80
Agent 006 aime explorer la culture, les cultures, du passé, du présent, leur évolution, connaître les dates, les numéros de série, les éditeurs, les producteurs, aime trouver différentes variantes de ranger et archiver tout cela
Agent 006 explore le masculin mais aussi le féminin
Il est difficile pour certains de concevoir que l'on puisse bâtir sa vie autour de cette intime construction
Il est difficile pour d'autres de concevoir de se construire et de vivre la vie autrement que par ces actes de recherche
Agent 006 se sent différent, il sait ce pour quoi il est né mais le découvre pas à pas, dans la résonance de ses recherches justement, il suit le fil conducteur vers un trésor enfoui à mettre en lumière, et ce sera sa vie, sa quête, et personne d'autre n'a vraiment le droit de lui imposer un chemin qui serait un détour
Agent 006 aime explorer les forêts enchantées, il chevauche les licornes et cueille les fruits d'amour, il n'attend que sa transformation, qui vient, de cocon en cocon, à l'abri des regards, parfois

http://www.chemindelouka.com/